BRANLE-BAS

Je est une outre.
Christian Prigent

Clarifions. Nous fait du tort l’œuvre de Jean Maureille, brigand moqueur. Instables nous voilà, médusés d’abus pas fiers. Qu’est-ce que c’est ? Ah mais oui c’est moi, c’est bien moi, et cet autre aussi plus loin c’est moi, encore moi pauvre malheureux. L’un l’autre en situation juge interprète, regardeur inspecté se pavanant contents bravaches. Epinglés sans pitié si on s’y tient de près. Même, et si quand bien même, c’est du vécu, du vrai vivant bien reluqué rendu. Cette sensation par exemple, qui m’est tout à fait connue, je la conçois sérieux rire entendu. Car il ne ménage pas, l’étrangleur, bien qu’il opère à chaud : mise à mal dès le départ, perte, désarroi…de quoi s’interroger sur place. Branle-bas ; c’est du joli. C’est vaniteux, c’est grégaire, maladroit, pouilleux. D’ailleurs, avec tout ce matériel de récupération…Qu’est-ce qu’il veut bien nous faire passer ? Quel message ? Quelle définition sédition ? Quelle appréhension propension sédimentation ? Machins trucs en trois dimensions qui te tombent dessus comme l’éclair d’un côté, journaux remâchés contours redécoupés en deux de l’autre (« découpures » il les nomme), tout prétexte à recoupements, recommencements d’imaginaire jubilatoire et de tous médiums les plus communs. C’est sans appel. Sans réversion de l’embrouillamini. Et le bougre se propose d’en rajouter encore au quotidien sur la dissension de l’humain, à coups de zozos anonymes dessinés en profusion paumés ravis. Quelle avanie ! Quelle misère ! « L’histoire de notre culture formelle n’est sur bien des registres que l’histoire d’une violence terrifiante, qu’un marquage du corps pour y creuser à même les chairs le sentiment de la faute et de la mauvaise conscience, l’instrument le meilleur de toutes les docilités » (Marcel Paquet, Dubuffet, 1993, p.70). Si seulement il s’en était tenu à l’examen de la déconvenue dramatique, la promotion doloriste modus vivendi du genre manque-à-être, on aurait pu continuer tranquilles : dodo sur deux oreilles et lever chant du coq. Que non. Nous écopons des « tatanes » de toutes pointures, des « sexes » féminins de toutes obédiences (En avez-vous connu autant, vous ? Moi ?, bien sûr !) et autres comparutions extravagantes imméritées mordantes de toutes manières, couleurs, formats. Rie ni personne n’est épargné. S’adresse à tous comme à chacun… Que voyez-vous là de recommandable ? Et qui convienne à La Très Chère, l’investiture culturelle qui aurait tout de même souhaité quelque repentir conceptualisé ou environnementiel propre à redimensionner la contrition des foules ? Peut-on pour acquis lui adjoindre un antécédent du Who’s Who, un célèbre quelconque à évoquer pépère ? U bien connu à la rescousse ? Marcel Duchamp, Erik Dietman, que sais-je ? Désinvolture du premier ? Diversions du second ? En tous cas sont morts au moins ceux-là, en facétieux. Sort bien réglé. Jean Maureille nous la ramène qui persiste lui, véritable récalcitrant, à nous la jouer drôle. Et perspicace…entraîné à l’observation, plaisir des sens. Armes forgées à la presse satirique, années 60. Rechigneur mauvais esprit. Allons, allons, tournez manège…viendra bien l’instant de vérité. Lassitude et tout le tintouin, réconciliations, honneurs. Bye-Bye l’invective, l’œil aux aguets ! La conception de l’art « poétique et politique » » ! Finira bien par s’en remettre, vous verrez ! Chacun sa place, il est des nôtres ! Le sanguinaire admis bien nécessaire et bien compris, il y viendra sans peine au surplus, en valeureux tout droit au réconfort. Reproduction en masse, alignement comme le autres ! Car je le dis sans détours, je proclame à toutes fins utiles : ne va-t-il pas un jour et pour le bien de tous nous foutre enfin la paix ?

Luc RIGAL
Paris, le 24 avril 2004

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OBJETS DE JEAN
    Luc RIGAL…

ici pullulent objets indéfinis de
perception préméditée voici ont
états différés percé déliquescence
oubli car fomentés de près vite
investissent esprit

d’étonnement sont assortis par
démenti d’immunités mobilisées
pensées fleuries comme d’été
condescendance infirment et
gausserie

malaisément nous sont acquis
tempéraments ces temps saisis par
évidence et soumission pourquoi
sentence est commission
d’ajustement vision messagerie

de l’art filons quelque effigie
mais peu souvent proximité répit
étant compté voici curieux états
d’objets multiple anomalie

n’est nul recours qui remédie lors
sont du mental mélodies méprise
avisée visitées palinodies
reconvertie matière avis livre
sommaire imaginaire est parti pris

débordements démultiplie vue
d’imprévus dévie d’objets conçus
constante hégémonie d’échanges
comptabilisés communauté de
compagnie

où pressenti n’est consenti
diversité manifestée de prolifique
étrangeté d’autant dons de nature
enquis

ne méprenez ce que voyez n’est
contenu ni décati sont d’arrogance
et âpreté fort éprouvés par
indulgence et comédie et sont
objets de jean nommés

Luc RIGAL